Code VIN – Déchiffrez un numéro de châssis, 2ème partie – Le VDS

Deuxième partie sur le décodage du VIN. La première partie était consacrée au WMI, partie dans laquelle nous avons découvert que le véhicule mystère était fabriqué par Audi en Hongrie. Aujourd’hui, on parle du VDS (Vehicle Descriptor Section).

 

Code VIN partie VDSPetite piqûre de rappel : le VDS est composé des 6 caractères situés aux positions 4 à 9 du code VIN. Pour reprendre l’exemple du premier article, le VDS du véhicule mystère (plus pour longtemps d’ailleurs) est donc ZZZFV6. Avant de passer aux explications détaillées, je préfère préciser que contrairement au WMI, il est difficile de trouver des indications précises sur le VDS. Tout ce qui suit est donc, pour la plus grande partie, issu du recoupement des informations récupérées sur le sujet. Il est donc possible que mes propos soient inexacts, auquel cas, je vous invite à me le signaler, soit directement, soit via les commentaires. Je pense néanmoins ne pas être trop loin de la vérité …

 

Code VIN : VDS, le descripteur du véhicule

Comme pour le WMI, j’ai jeté un oeil aux standards existants sur le sujet. Au niveau de la norme ISO 3779, les indications sont succinctes. Il est simplement mentionné que le VDS est le descripteur du véhicule, qui fournit l’information sur les caractéristiques générales du véhicule. Il est entièrement à la main des constructeurs. Un constructeur peut ne pas utiliser tout ou partie du VDS. Dans ce cas, la norme ISO 3779 impose que des caractères soient tout de même présents (donc pas d’espace).

Dans le groupe VAG (au moins pour Audi, Volkswagen, Škoda et SEAT), le VDS se décompose lui même en 3 blocs :

  • caractères 1 à 3, soit « ZZZ » dans notre exemple;
  • caractères 4 et 5, qui définissent le modèle;
  • dernier caractère, utilisé comme caractère de contrôle.

 

Le triple Z, une singularité européenne (?)

Il semble que Volkswagen utilise les 3 premiers caractères du VDS uniquement pour certaines zones géographiques, dont l’Europe ne fait pas partie. Le caractère générique de substitution choisi par le groupe VAG est la lettre « Z ». C’est pourquoi presque tous ses modèles affichent ZZZ à cette position du code VIN. Cependant, cette pratique n’a pas cours dans certains pays, dont voici une petite liste (à compléter/challenger !) :

  • Etats-Unis
  • Canada
  • Brésil
  • Argentine
  • Inde
  • Chine

C’est ici que ça se complique sérieusement … Pour ces pays (et ceux que j’ai dû oublier), les 3 premiers caractères du VDS fournissent des indications sur le véhicule :

caractère 1 caractère 2 caractère 3
 type de carrosserie type de motorisation éléments de sécurité

Voici 3 sites sur lesquels j’ai déniché quelques infos :

En fait, les informations liées à chaque élément de description dépendant elles-mêmes du véhicule concerné … Autrement dit, un E comme première lettre du VDS pourrait signifier « 2-door SLC » comme « 4-door economy ». Je pense que la vérité se trouve au fin fond d’improbables archives du groupe VAG, mais n’y ayant pas accès, je préfère afficher mon ignorance plutôt que de donner de fausses explications.

En tout cas, pour notre véhicule mystère, ça sera facile 😉

 

Le modèle, un brin plus facile. Quoique

Tout est dit ou presque dans le titre. Le 2ème bloc du VDS permet d’identifier le modèle du véhicule. Pour le coup, les informations qu’on trouve sur la majorité des sites sont plutôt justes, mais parfois imprécises. Il faut reconnaître que référencer l’ensemble des modèles du groupe VAG sur un code à 2 caractères relève de la gageure !  L’exercice devait être plus simple il y a un demi-siècle, lorsque le nombre de modèles était bien plus faible. J’ai choisi de ne pas faire une liste dans cet article pour 3 raisons :

  • je ne compte ma m’attribuer le travail fait par d’autres sur ce sujet;
  • il est probable que j’en oublie au passage si je tentais de faire cette liste;
  • la liste serait si longue qu’elle rendrait la lecture de la suite de l’article peu pratique.

Un petit complément d’information s’impose néanmoins. Il apportera un éclairage sur la difficulté que représente la constitution d’un telle liste. Voici donc une liste de 3 codes VIN, avec les modèles correspondants, pour lequel j’ai mis en gras la partie correspondant au modèle :

WAUZZZ4G7GN095207 Audi A6 berline (génération C7) 2015
WAUZZZ4G6CN174801 Audi A7 Sportback 2012
WAUWGAFC0FN017094 Audi A7 Sportback 2015

Je vous la fait courte :

  • 4G peut désigner une A6 comme une A7. En même temps, ce n’est pas étonnant compte tenu des similitudes entre les 2 modèles (même plateforme);
  • une A7 peut être identifiée avec 4G ou FC. Dans le second cas, il s’agit d’un modèle US (d’ailleurs, il n’y a pas de triple Z sur celui-là).

Voilà ce qui rend l’exercice compliqué. Certes, les listes bien faites permettent déjà de réduire drastiquement le champ des possibles, mais il faudra parfois d’autres informations pour trouver le bon modèle.

Une autre précision s’impose. On trouve parfois des indications sur les modèles VAG, du style Typ. Par exemple, la page anglaise Wikipédia de l’Audi A6 indique bien que la génération C7 a un Typ 4G. Là encore, la prudence est de mise. Bien souvent, il y a concordance entre ce Typ et les 2 caractères concernés du VDS. Mais en revanche, vous ne trouverez pas trace d’un quelconque Typ FC correspondant à l’Audi A7.

Je vous donne donc la solution pour le véhicule mystère : il s’agit d’un TT de 3ème génération (Mk3), identifiable par les lettres FV.

 

Le caractère de contrôle

myAudi Audi TT Mk3VAG utilise donc le dernier caractère du VDS comme numéro de contrôle (ici « 6 »), qui permet de contrôler la cohérence globale du VIN. Schématiquement, l’algorithme de contrôle attribue une valeur à chaque caractère du code VIN (par exemple un A vaut 1, un B vaut 2, …) et un « poids » en fonction de sa position (le 1er caractère « pèse » 8, le deuxième 7, …). Chaque valeur est ensuite multipliée par son poids (un B en première place vaut donc 2 x 8 = 16). La somme des résultats est elle-même divisée par 11. Le reste de la division sert à déterminer le numéro de contrôle (0, 1, 2, …). Si le reste est égal à 10, le caractère de contrôle est X. C’est bon, je n’ai perdu personne ?

Le contrôle garantit donc simplement que la « structure » du code VIN est correcte. En revanche, il ne peut en aucun cas valider l’existence réelle du véhicule correspondant. Reprenons le code VIN de notre exemple. Il correspond à un véhicule réel (j’ai des preuves en photo !), et est donc valide. Nous allons nous intéresser à 2 variations de ce code (les variations sont indiquées en gras) :

  • TRUZZZFV6F1001117 : code VIN de référence
  • TRUZZZFV6F1001118 : variation 1
  • TRUZZZFV8F1001118 : variation 2

Pour la variation 1, j’ai simplement incrémenté le numéro de série de 1, comme s’il s’agissait du modèle suivant le nôtre sur la chaîne de production. Et bien ce numéro VIN n’est pas valide. Ce qui est amusant, c’est que bon nombre de sites proposant de décoder un VIN en ligne ne font aucun contrôle. Vous avez donc droit à des informations sur un véhicule qui ne peut de toute façon pas exister !

Sur la variation 2, j’ai également modifié le caractère de contrôle. Cette fois-ci, le numéro VIN est correct. Toutefois, j’ai fait un test sur le site myAudi. Il suffit de vous créer un compte et de rentrer ensuite un code VIN pour « vérifier » s’il existe réellement. Et dans ce cas précis, ça ne fonctionne pas. Alors que ça passe avec notre numéro de référence.

Nous voici quasiment au bout. A ce stade, nous savons que notre véhicule est une Audi TT de 3ème génération, fabriquée en Hongrie, et de couleur jaune (mais ça, le VIN ne permet pas de la savoir). Quant à l’année 2015, on en parlera dans l’article consacré à la section VIS (Vehicle Identifier Section). Rendez-vous très bientôt !

 

 

Crédits photos : Audi, MACO Apps

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